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Phytothérapie et Sommeil

La phytothérapie est fondée sur l’usage des plantes médicinales en thérapeutique. Son principe repose sur une thérapie dite « de terrain » qui tient compte de l’ensemble de l’organisme. Elle peut être facilement conseillée en cas de troubles du sommeil mineurs et passagers liés notamment au stress, à la nervosité, voire à l’anxiété. Dénuée de tout risque d’accoutumance ou de dépendance, la phytothérapie propose une alternative à l’allopathie (hypnotiques ou anxiolytiques) pour agir face aux troubles du sommeil, de l’enfance à l’âge mature.

11 Décembre 2012. Xavier Champagne. Pharmacien

Les formes galéniques utilisées en phytothérapie  

Les plantes médicinales peuvent être utilisées en natures (tisanes) ou sous différentes formes galéniques par voie orale :

Les infusions :
- tisanes préparées à partir de plantes séchées en vrac (préalablement lavées à l’eau froide) ou en sachets-doses ;
- filtration du liquide après 5-10 minutes d’infusion.

Les décoctions :
- racines ou rhizomes de la plante à faire bouillir dans l’eau pendant 10 minutes, puis filtration ;
- concentration : 10-20 g de plante par litre d’eau.

Les formes sèches :  
- pulvérisation de la partie active de la plante (poudre totale) ou extraction par un solvant (extrait sec) ;
- conditionnement en gélules ou comprimés.

Les teintures et alcoolatures :
- obtenues par action de l’alcool éthylique sur des plantes sèches (teintures) ou fraîches (alcoolatures) ;
- dilution au 1/5ème ou au 1/10ème en fonction de la toxicité.

Phytothérapie et précautions d’emploi

Certaines plantes reconnues comme plantes médicinales sont soumises à une autorisation de mise sur le marché strictement encadrée. C’est pourquoi les produits extraits de ces plantes ne sont dispensés qu’en pharmacie d’officine, garantie de qualité et de traçabilité.

L’administration de préparation à base de plantes peut interagir avec des traitements chroniques allopathiques, susceptible d’entraîner des effets indésirables non négligeables.

Règles à respecter :
- choisir des plantes comportant un label de qualité (pureté et traçabilité) ;
- respecter strictement la posologie et la durée du traitement ;
- vérifier auprès de votre pharmacien qu’il n’existe aucune interaction pharmacologique avec votre traitement chronique
- conserver les produits de phytothérapie dans leur emballage d’origine à l’abri de la chaleur, dans un endroit sec et bien aéré.

Les principales plantes utilisées dans les troubles du sommeil

Le choix des plantes sédatives doit être effectué en fonction des symptômes associés aux troubles du sommeil, en particulier la nature et le type d’anxiété :

Anxiété et stress associés à des spasmes nerveux, palpitations, tachycardies, crampes : la PASSIFLORE (Passiflora incarnata)

Parties utilisées : 
- feuilles et fleurs

Intérêt thérapeutique : 
- Restauration progressive d’un sommeil réparateur et de qualité en cas de réveils nocturnes avec difficulté de rendormissement  ;
- Utilisation possible dans le sevrage des traitements par anxiolytiques ;
- Recommandée chez l’hyperactif stressé, la femme en période de ménopause, l’étudiant en période d’examen. 

En pratique : en cure de 2 à 3 semaines
En gélules : 500mg au repas du soir et au coucher ;
- En infusion : faire bouillir pendant 10-15 minutes 20 à 40g de feuilles dans un litre d’eau puis filtrer (une tasse au dîner et juste avant le coucher) ;
- En teinture mère : 20 à 50 gouttes matin et/ou après dîner puis au coucher. 

Précautions d’emploi : 
- Altération possible de la conduite de véhicule ;
- A fortes doses : troubles du rythme cardiaque, migraines, vomissements et troubles visuels ;
- Contre-indiquée chez la femme enceinte et allaitante.

 

Anxiété associée à une insomnie d’endormissement, tensions musculaires, maux de ventre : la VALERIANE (Valeriana officinalis)

Partie utilisée : 
- racine et rhizome

Intérêt thérapeutique : 
- Amélioration de l’endormissement et restauration d’un sommeil de qualité ;
- Utilisation possible dans le sevrage tabagique avec des signes de nervosité et de tremblements ;
- Recommandée chez l’agité nerveux, la femme en période de ménopause.

En pratique : en cure d’une à deux semaines
- En gélules : 400mg au repas du soir et au coucher ;
- En décoction : faire infuser 1 cuillère à soupe de rhizome dans 150ml d’eau bouillante pendant 5-10 minutes (une tasse 30 minutes avant le coucher) ;
- En teinture mère : 20 à 50 gouttes une heure avant le coucher ;
- En macérat glycériné 1DH : 10-15 gouttes dans 10cl d’eau 15 minutes avant les repas et 1 heure avant le coucher. 

Précautions d’emploi : 
- Effets indésirables rares et bénins : maux de tête, troubles gastro-intestinaux ;
- Fortement déconseillée chez la femme enceinte et allaitante ;
- Contre-indiquée chez l’enfant de moins de 3 ans (on diminuera la posologie de moitié chez les enfants de moins de 15 ans).

Anxiété associée à des palpitations, une sensation de «gorge nouée » et de mains moites, une certaine irritabilité : l’AUBEPINE (Crataegus monogyna)

Partie utilisée :
- sommités fleuries

Intérêt thérapeutique : 
- Restauration d’un sommeil de qualité par son action sédative sur le système nerveux central;
- Recommandée en cas d’angoisses ou de palpitations par son effet bradycardisant.

En pratique : en cure de plusieurs semaines
- En gélules : 300mg matin et soir ;
- En infusion : faire infuser 50g de sommités fleuries dans 1 litre d’eau pendant 10-15 minutes (1 à 3 tasses par jour) ;
- En teinture mère : 20 à 50 gouttes après le dîner et au coucher ;
- En macérat glycériné 1DH (bourgeons frais de Crataegus oxycantha) : en cas de terreurs nocturnes, 5 gouttes dans 10cl d’eau 15 minutes avant le dîner et 1 heure avant le coucher. 

Précautions d’emploi : 
- Effets indésirables mineurs : maux de tête, vertiges, troubles digestifs ;
- Déconseillée en cas de traitement par antihypertenseurs, glucosides cardiotoniques, dérivés nitrés ;
- Contre-indiquée en cas de grossesse, d’allaitement ou d’allergie aux plantes de la famille des Rosacées.

Anxiété associée à une nervosité et une agitation importante au moment du coucher : l’ESCHSCHOLTZIA (Eschscholtzia californica)

Partie utilisée :
- partie aérienne ou plante entière

Intérêt thérapeutique : 
- Amélioration nette de l’endormissement et diminution des réveils nocturnes, des cauchemars ;
- Recommandée en cas de difficultés d’endormissement,  de surmenage important (difficultés professionnelles), de spasmes douloureux (coliques, douleurs de la vésicule biliaire,…) et de douleurs articulaires.

En pratique : en cure de 2 à 3 semaines
- En gélules : 400mg au repas du soir et au coucher ;
- En infusion : 1 cuillère à café de plante par tasse d’eau bouillante pendant 10 minutes (une tasse 30 minutes avant le coucher) ;
- En teinture mère : 20 à 50 gouttes après le dîner et au coucher ;

Précautions d’emploi : 
- L’Eschscholtzia n’entraîne pas d’accoutumance ni d’effets secondaires ;
- Chez l’enfant, les posologies doivent êtres réduites de moitié ;
- Contre-indiquée chez la femme enceinte et allaitante.

Les plantes d’appoint utilisées dans les troubles du sommeil

Elles présentent des propriétés complémentaires aux 4 plantes sédatives principales (passiflore, valériane, aubépine, eschscholtzia) :

Le COQUELICOT (Papaver rhoeas, pétales) : 
- utilisé dans les troubles du sommeil de l’enfant et des personnes âgées (aucun risque d’accoutumance), notamment en cas de réveils nocturnes liés à des cauchemars ;
- en infusion pendant 1 mois ;
- déconseillé chez des personnes présentant des troubles du rythme cardiaque.


Le HOUBLON (Humulus lupus, inflorescences en forme de cônes) : 
- utilisé dans les troubles du sommeil de l’adulte et de l’enfant, liés à des troubles gastro-intestinaux, règles douloureuses et en période de ménopause (changement d’humeur) ;
- en infusion pendant une semaine ;
- contre-indiqué en cas de grossesse, allaitement, état dépressif, antécédent de cancer hormono-dépendant.


Le MELILOT (Melilotus officinalis, sommités fleuries) : 
- utilisé dans les troubles du sommeil de l’adulte et de l’enfant, liés à des problèmes digestifs (après un repas copieux) et circulatoires (jambes lourdes) ;
- en infusion, gélules ou teinture mère pendant 2-3 semaines ;
- contre-indiqué en cas de traitement anticoagulant (présence de coumarine).


La MELISSE (Melissa officinalis, feuilles et tiges fleuries) : 
- utilisée dans les troubles du sommeil associés à de la nervosité, des migraines ou des problèmes digestifs, la mélisse améliore la qualité du sommeil tout en diminuant la fatigue, l’anxiété et l’irritabilité ;
- en infusion et teinture mère pendant 2-3 semaines ;
- déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement ainsi que chez l’enfant de moins de 6 ans.


Le TILLEUL (Tilia tomentosa, inflorescences et aubier) : 
- utilisée dans les troubles du sommeil liés à un stress et une anxiété importantes (y compris chez l’enfant), notamment en cas de troubles gastro-intestinaux (spasmes, digestion difficile) ;
- en infusion, teinture mère, macérat glycériné 1DH (bourgeons frais) pendant 2 à 3 semaines mais également en bain (1 litre d’infusion de 100g de fleurs de tilleul préalablement filtrée et mélangée chaque soir à l’eau du bain) ;
- déconseillé en cas de grossesse et d’allaitement ainsi que chez l’enfant de moins de 6 ans.


La VERVEINE OFFICINALE (Verbena officinalis, plante entière) : 
- utilisée dans les troubles du sommeil liés aux digestions difficiles (ballonnements, flatulences, coliques), la verveine restaure le sommeil naturel ;
- en infusion, teinture mère et bain (1 litre d’infusion de 300g de verveine préalablement filtrée et mélangée à l’eau du bain) ;
- contre-indiquée en cas de grossesse (stimulation de l’utérus) et d’allaitement ainsi que chez l’enfant de moins de 6 ans.

Les mélanges de plantes utilisés dans les troubles du sommeil

Afin d’obtenir un effet optimal et adapté à chaque trouble du sommeil, il est conseillé d’associer plusieurs plantes sédatives :

Endormissement difficile : eschscholtzia + ballote ;

Troubles du sommeil en début de nuit : eschscholtzia + aubépine ;

Troubles du sommeil liés à des réveils successifs : aubépine + valériane ;

Réveils matinaux : valériane + passiflore 


En cas d’associations de plantes, les posologies quotidiennes doivent être réduites de moitié d’autant plus qu’un effet de potentialisation peut exister.

Nous vous informons que toutes les informations du site MySommeil ne constituent pas un avis médical. Si vous souhaitez avoir un avis sur un éventuel trouble du sommeil, parlez-en à votre médecin traitant lors d’une prochaine consultation.